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![]() Santiago de Cuba - Juillet |
Ce son est l'héritier direct du son de Miguel Matamoros "Las maracas de Cuba". Il s'insère dans la tradition des morceaux dédiés à un instrument de la musique cubaine et reprend de son modèle l'idée de décrire la fabrication de l'instrument. L' auteur de Tingo talango, le trompettiste et chef d'orchestre Julio Cueva a été une gloire de l'âge d'or de la musique cubaine, en particulier lorsqu'il a créé son propre orchestre à partir de 1940. Auparavant, il aura été un des principaux protagoniste de la musique cubaine à Paris dans les années '30. Il fut à tel point emblématique que le lieu le plus connu de la musique cubaine de la capitale française porta son nom : "La Cueva" (avec un jeu de mot sur la signification du nom : "la grotte").
L'instrument tingo talango (ou tingotalango) se nomme aussi tumbandera et c'est sous ce dernier nom qu'il figure dans l'ouvrage scientifique en deux volumes "Instrumentos de la música Folklórica - Popular de Cuba" édité à La Havane. Il est aussi nommé kaolin ou karolin par les Haïtiens et les descendant haïtiens de Cuba qui l'utilisent pour leur part dans la tradition du gagá (banda rara).
C'est un arc-en-terre (par opposition à l'arc-en-bouche), classé dans les cordophones. Sa fonction musicale relève de la basse harmonico-rythmique. Il a des antécédents dans plusieurs régions de l'Afrique sub-saharienne, mais à Cuba son héritage est principalement d'Afrique Centrale (peuples de langues bantoues), directement ou par médiation d'immigration de la Caraïbe. Le nom tumbandera relève de cette origine, tandiis que tingotalango est plutôt du domaine de l'onomatopée. Cet instrument a été historiquement associé à des formes primaires du son, tel le nengón. Il est aussi mentionné dans les traditions du punto et des coros de clave.
Le refrain du morceau repose sur l'asonance et le rythme créés par la juxtaposition de tumba Antonio (une danse paysanne) avec Tingo talango (un instrument éventuellement propre à l'accompagner). Il se produit ainsi une allitération ("trabalengua" en espagnol) dynamisante.
© Daniel Chatelain

Hay en Cuba un instrumento
|
A Cuba il y a un instrument Tumba Antonio, vas-y
mais vas-y, tumba Antonio. On joue le tingo talango
Tumba Antonio, vas-y
mais vas-y, tumba Antonio. Si vous voulez que je
vous décrive Tumba Antonio, vas-y
mais vas-y, tumba Antonio. On ouvre un trou dans
le sol Tumba Antonio, vas-y
mais vas-y, tumba Antonio. Avec les trois éléments
Tumba Antonio, vas-y
mais vas-y, tumba Antonio. |
Transcription et traduction : Daniel Chatelain
Orquesta Julio Cueva
au cabaret "La Cueva" - 193? (Paris) - coll. Edouard Pécourt
Biographie de Julio Cueva (Trinidad 1897 - la Havane 1975) : son montuno.com
Enregistrement de Tingo talango
:

CD Machito & his Afrocubans 1941
1. Sopa de pichón
(Frank Grillo " Machito ") / 2. Chacumbele (Alejandro Mustalier)
/ 3. La rumbantela (Obdulio Morales) / 4. Ñagüe (Chano Pozo) /
5. Parábola negra (Obdulio Morales) / 6. El muerto se fue de rumba
(Rafael Blanco Suazo) / 7. Tingo talango (Julio Cueva) / 8. Yambú (Machito-Ayala)
/ 9. Rascando siempre rascando (Julio Cuevas) / 10. Intermezzo (Souvenir de
Vienna) (Heinz Provost) / 11. Paella pichón (Frank Grillo " Machito
") / 12. Que vengan los rumberos (Gilberto Valdés)
