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historique percussions

actualisation : 2009.04.03


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Il semble que cette copie sous un autre nom ait disparue de la toile
le webmaster (2016)




Les informations qui suivent sont toujours susceptibles d’être modifiées. Plus les dates sont éloignées de l’année de votre visite, plus elles doivent être regardées comme des dates approchées - cdate chiffrée = environ (c=circa) cette date. Les noms des régions d’origine correspondent aux noms des nations telles qu’elles sont représentées sur les atlas contemporains, abrégées selon les Codes ISO 3166. Les millésimes parentés après un nom de personne précise une date de naissance, ex Les lettres italiquées & parenthésées suivant les NOMS des instruments sont les abréviations proposées dans ce site selon le Code MF 48™.

 

 

Le visiteur sera indulgent, car cette page exige un moteur de recherche (index) reliant les mots-clés des nombreux thèmes de recherche aux dates de la chronologie. Travail de longue haleine dont je démarre le chantier aujourd’hui. (01.04.2009, & vous constatez que cette initiative n’a aucun caractère… ichtyologique)

 

® Index des mots-clés (en chantier)

 

 

| Afrique| American gamelan |Anatolie| *Arom (Simha) | *Auzet (Roland) |

 

| *Axelsson (Jonny) | balais | bata | bâtons entrechoqués | batterie-jazz |

 

| bianging (lithophone) | bronté | *Burton (Gary) | *Cambreling (Benoît) |

 

| *Camero (Cándido) | *Carter (Elliott) | castagnettes | célesta | chabada |

 

| *Chandler (Dee Dee) | *Changuito | Chine (cn) | *Ciampolini (Daniel) | claquoirs |

 

| classifications| cloches | cloches de vache | cluster | congas | crotales | cymbales |

 

| cymbale charleston | cymbalum basse | davul | dead stroke | Déserts |

 

| drum battle | échelle microtonale | Egypte (eg) | feed drum |

 

| femmes percussionnistes | flexatone | flûte+tambour| fouet | France (fr) |

|

| *Galis (Milian) | gamelan | *Geminiani (Vincent) | *Geoffroy (Jean) | Glassharfe |

 

| glockenspiel | gong| Grèce (gr) | grosse caisse (double) | grosse caisse symphonique|

 

| *Hampton (Lionel) | hang | *Harrison (Lou) | *Hébrard (Robert) | Hittites | Iran (ir) |

 

| Janissaires | Japon (jp) | *Jarre (Maurice | jazzo flûte | klaxon | *Kraft (William) |

 

| *Krupa (Gene) | La Rebambaramba | lath on leather | ’Les Percussions de Strasbourg|

 

| likembé | lithophone | mâchoire d’âne (quijada) | *Mahler (Gustav) | Mali (ml) |

 

 | marimba | marimba circulaire | *Menter (Willy) | Mésopotamie| métallophone |

 

| Metropolitan Museum(us/ny) | mozambique| Musée de St-Germain-en Laye (fr/78) |

 

| Museum Pusat[Jakarta (id)] | *Musser (Claire Omar) |*Ortiz (Fernando) |

 

| palos (atabales) | *Partch (Harry) | *Passerone (Félix) | peaux synthétiques |

 

| percussion virtuelle | piano préparé | pistolet | plancher musical |

 

| play back | *Pozo (Chano) | racleur | rain songs | *Ravel (Maurice) | *Reich (Steve) |

 

| rhombe | Rítmicas V| *Roche (Pablo) | *Roldán(Amadeo) | *Rollini (Adrian |

 

| rhythmicon | *Shehan(Steve) | sistre | sixxen | steel bands | steelpan |

 

| *Stevens (Leigh H.) | Stick control for… | structures baschet | tambora | tambour |


| tambour bâlois| tambourin | tambourin provençal| tambours de bronze |

 

| tambours sur cadre| tam-tam | timbales| tombak | toms | tom-toms |

 

| tonnerre(machine à) | transcription | *Tsuchitori (Toshi) | tumbadoras|

 

| tumba francesa | *Varèse (Edgard) | verres sonores| vibraphone | vibraslap|

 

| Viet Nam (vn) | *Webb (Chick) | *Xenakis (Iannis) |

 

| xylophone | xylorimba | zoomoozophone |

 

 

Un exemple de la prudence des chercheurs (organo-philologues en particulier) est donné par cet extrait de la présentation du thème de la prochaine « Conférence Internationale d’archéomusicologie moyenne orientale : organo-philologie comparée » qui dit : « Le seul instrument dont nous sommes certains du nom est le fameux LILIS = lilissu – la timbale. Les mots désignant des instruments de musique sont nombreux. Ils s’étendent sur une période de trois mille ans d’écriture cunéiforme. Cependant, les débats sont fort animés pour déterminer le mot pour la lyre boviforme, la harpe d’épaule, les grelots, les flûtes, les crotales, etc. Le mot désignant la cloche semble avoir complètement disparu bien que cet idiophone soit représenté, au premier millénaire assyrien, sur la plupart des chevaux. »

www.iconea.org

 

 

(NGDMI = The New Grove Dictionary of Musical Instruments. 1984)

 

abréviations[lien], RHOMBE[lien], classes[lien], etc. = hyperliens non opérationnels (en attente de la mise en ligne de la cible) ;

Lou Harrison, GMEM, Δ, NGDMI, etc. = hyperliens opérationnels (activité vérifiée au 19.01.2009).

 

Pour parcourir la période antéchrétienne, cliquez sur avant J.-C.

 

Pour aborder les périodes suivantes (après J.-C.), cliquez sur :

 

soit après J.-C.(première période : 300-1944) ;

 

soit après J.-C. (deuxième période : 1945-2008).

 

Vous pouvez également découvrir en premier une brève liste d’éléments bibliographiques.

 

 

¡ BONNE NAVIGATION !

 

chronologie factuelle (percussions)

avant jésus-christ

 

 

c15 000 : RHOMBE[lien] (rh), retrouvé en Dordogne (fr). [Musée de Saint-Germain-en-Laye (fr/78)]

 

c7000 (néolithique) : LITHOPHONE[lien] (lt) (horizontal, pierres posées). Viêt Nam.

 

c4000 : BÂTONS ENTRECHOQUÉS (be) - “claves”). Mésopotamie, fresque sumérienne.

 

c3500 : CLAQUOIRS (cq). Découvertes en Egypte, des peintures murales & des poteries montrent des claquoirs faits de lames de bois incurvées, tenues dans une main.

 

c3000 : CLOCHE[lien] (ch). Asie du Sud-Est. CLOCHES EN POTERIE : Knossos (gr).

 

CLOCHES EN POTERIE de la civilisation Jomon (jp) qui, d’après Toshi TSUCHITORI (batteur de jazz, collaborateur de Peter Brooks depuis 1976) auraient servi d’instruments à percussion. Il a fait des répliques de ces poteries, copies qu’il joue après les avoir recouvertes de peaux de daim. Toshi a joué sur ses poteries à Paris en janvier 2001 ; il a écrit un livre (non-traduit) : Jomon no oto (Sons Jomon, 1999). [Catherine Bédarida : « Toshi Tsuchitori, « metteur en son » & archéologue musical ». Le Monde (02.12.2000)]. cf. « ‘Jomonko' Pottery Drums of Ancient Japan (2500-3000 B.C.). Toshi Tsuchitori” – CD - Victor VIG 5117.

 

c2500 : bianqing (LITHOPHONE) (lt) d’éléments en L, suspendus) : Chine. [groupe des phonolithes[lien]]

 

 

2380 : la prêtresse LIPUSHIAU, joueuse de TAMBOUR SUR CADRE[lien] (tb-c) & adoratrice de la Déesse de la Lune (Mésopotamie), pourrait-elle avoir été la plus ancienne percussionniste connue du monde ?

 

c2345 : apparition du SISTRE (sr) en forme de naos [Le naos est la pièce la plus importante des temples de l'Égypte antique & de la Grèce, ainsi que des églises orthodoxes]. cf. Metropolitan Museum, New York City. [source : NDGMI]

 

c2000 : Les Hittites (Anatolie Centrale) utilisent des SISTRES (sr) dont l’Afrique Noire pourrait être l’origine. [source : NGDMI]

 

c1400 : ?première apparition d’un TAMBOUR SUR CADRE (tb-c) rectangulaire sur une fresque murale d’un temple d’Egypte [Experimental Musical Instruments . 8-1 (September 1992] : 34]

 

1300 : sur une peinture murale de la tombe 51 (Egypte, Thèbes - Nouvel Empire), on peut voir un défilé de femmes dont les deux mains portent l’une un SISTRE & l’autre une branche de papyrus.

 

c1100 : CYMBALES (cy) à Babylone. [Picard, 109]

 

c1000 : CLOCHE, Egypte, Iran.

Δ

 

c800 : première mention de la liste des huit matériaux (Zhouli, Rites des Zhou), esquisse d’une répartition des instruments en huit classes[lien].

 

Première apparition de CLOCHES (fer martelé, bois ou bronze coulé), Afrique : actuels Zambie (za) & Zimbabwe (zw). cf. ¤ Héritage de la musique africaine dans les Amériques & les Caraïbes (Alpha Noël Malonga & Mukala Kadima-Nzuji), page 91.

 

 

c400 : « quatre TAMBOURS DE BRONZE (tb-z) sont exhumés de la tombe n° 23 de Wanjiaba à Chuxiong dans le Yunnan [Chine]. » [Picard, 111]

 

 

c400/c550 : sur un mur d’un temple de PHILÆ (Egypte), on peut reconnaître le profil d’un homme, représenté sous les traits d’un pygmée, jouant d’un TAMBOURIN (tn) ; il pourrait s’agir du dieu Bès, divinité de la musique & de la danse...

 

Le dieu Bès jouant du tambourin

Philæ (Egypte), © 1992 Michel Faligand - DR

 

c100 : le DAVUL (dl) est connu en Asie méridionale, L. Picken, Folk Musical Instruments of Turkey, 1975, London - cité par NGDMI, 550. cf. aussi Facchin, 420.

 

 

c50 : une CYMBALE d’époque romaine est visible au Musée des Antiquités Nationales ; selon Hélène Chew, conservatrice en chef dudit musée à Saint-Germain-en Laye (fr/78). [Colloque « Archéologie & musique », 6 & 10 février 2001, Cité de la Musique (Paris, 19)].

 

 

chronologie factuelle (percussions)

après jésus-christ (300-1944)

 

Si tu veux passer directement à la partie contemporaine de cette chronologie, clique ici !

 

c300 : découverte d’un GONG(gg) romain (discus) lors de travaux miniers dans le Wiltshire (uk/wi), on imagine que ces objets étaient utilisés comme générateurs de signaux (NGDMI).

 

Découverte d’un TAMBOUR DE BRONZE (tb-z) à Semarang (id/ja). [source : Museum Pusat, Jakarta, Java - photo : NGDMI, 1-274]

 

c400 : apparition de CYMBALES (cy) à mamelon reliées par une lanière. [Claudie Marcel-Dubois : Les instruments de musique de l’Inde ancienne. 1941]

 

c500 : CLOCHE (ch), Europe du Nord.

 

GONGS : en Chine (région située entre le Tibet & le Myanmar), ils seraient venus de l’Ouest (Inde ou Turquie). [Jaap Kunst, 1956, cité par James Blades, NGDMI ]

 

« Probablement datées du milieu de ce siècle, des CROTALES[lien] (crt) en bronze ont été trouvées en Egypte, à Rome & en Grèce. » [source : NDGMI]

 

c600 : METALLOPHONE (mtp - plaques suspendues). Chine (origine turque ?).

 

c800 : MÉTALLOPHONES à lames de bronze, horizontales (gender, saron, slentem). Indonésie.

 

XIIe siècle : on trouverait mention du vocable TOMBAK[lien] (tk) dans les poèmes de Nezami.

 

1116 : utilisation en Corée du YU (racleur, ra) en provenance de Chine. [NGDMI, 2-790]

 

c1200 : XYLOPHONES[lien] (xy). Afrique / Mali - ?Amérique/Venezuela – Asie / Myanmar, ?Corée – Europe / Grèce, ?Sardaigne. Un on-dit contribue à conforter l’hypothèse de l’existence de XYLOPHONES à Bali.

 

c1250 : l’association “FLÛTE-TAMBOUR” est utilisée dans les Cantigas de Santa Maria del re de Castilla Alfonso X el Sabio [Facchin, 534 & in ¤ « Cum Tympano. Musique médiévale avec percussion » - CD – Christophorus CHR 77296 - 2007].

 

XIIIe siècle : des récits de voyageurs attestent de l’utilisation – comme instruments de musique - de COUPES DE VERRE (ou de CÉRAMIQUE) en Chine. [¤ « Jean-Claude Chapuis, Transparences volume I » - CD - Buda 82910-2]

 

cfin XIIIe siècle : Safī al-Dīn invente une échelle dans laquelle 17 tons divisent l’octaveBagdad (iq). A ce jour, ce serait la première échelle microtonale de l’histoire de la musique [NGDMI, 3-381]

 

XIVe siècle : « Le mot « gamelan » vient du javanais gamel, frapper, dont la première apparition date du XIVe siècle. » Pierre-Jean Croset (Percussive notes . 25-3 (March 1987), 43.

 

1329 : une Danse pour cordes & timbales aurait salué l’entrée du roi Alfonso XIII dans Sevilla (es/se). [cf. Fernando Ortiz]

 

1347 : introduction du TAMBOUR dans les armées françaises (sauf chez les chasseurs à pied & les chasseurs alpins). Ce sont les Sarrasins qui ont importé cet instrument (dit « tambour d’ordonnance ») en Europe, d’abord adopté par les Espagnols, les Allemands, les Anglais & les Italiens. [cf. Les tambours de 89 & Fernando Ortiz]

 

1352 : description d’un XYLOPHONE vu à la Cour du Mali, “... instrument fait de lames pourvues de gourdes sous elles.” (lbn Battûta).

Δ

 

XIVe/XVe siècles : « Shango, roi yoruba d'Oyo, choisit les TAMBOURS BATA comme tambours royaux. Après sa mort, il fut divinisé & la diffusion de cet instrument fut liée à celle de son culte. » [source : Daniel Chatelain, 08.03.2008.]

 

1492 : En Europe, & présentement, la plus ancienne référence connue concernant les VERRES MUSICAUX se trouve dans Theorica musicae de F. Gaffurius. [NGDMI, 2-724, selon les auteurs consultés le patronyme de ce musicologue est aussi donné comme étant : F. Galurius ou Gafori…]

 

Theorica Musicæ  (F. Gaffurius). 1492. Milan

 

1528 : Collogullot décrit une embuscade dans le Yucatán au cours de laquelle des Mayas frappent des CARAPACES de grandes tortues avec des cornes de bœuf.

 

1548 : A Venezia (it), Domenico Pesarese construit un CLAVECIN ENHARMONIQUE (19 notes pour une octave) pour Zarlino. [NGDMI, 2-654]

 

1571 : le TAMBOUR BALOIS le plus ancien qui soit conservé est au Historisches Museum, Basel (ch) [photo de couverture de JAKOB, Friedrich. 1977. La Percussion. Lausanne (ch) : Payot]

 

1675 : Thésée (Lully/Quinault) est le premier opéra dont l’orchestration fait appel aux TIMBALES (tl). [Marie-Ange Petit, dialogue téléphonique, 20.10.03]

 

1680 : Nicolaus Adam Strungk (*1640-1700) emploie des CASTAGNETTES (ct) & des CYMBALES (cy) dans Esther : Hamburg (de).

 

         Premier exemple de l’emploi (en musique savante occidentale) d’une GROSSE CAISSE SYMPHONIQUE (gc), en imitation de la musique turque, dans l’opéra Berenice vendicativa de Domenico Freschi à Piazzola sul Brenta (it). (Facchin, 441).

 

1682 : l’Europe fait la connaissance du TAMBOUR DE BRONZE (tb-z) : un instrument de ce type est envoyé par G. E. Rumphius au Grand Duc de Toscane (it). [NGDMI, 1-274]

 

1685 : écrite pour 4 TIMBALES (Sol-Do-Mi-Sol) & attribuée à Jean-Baptiste Lully ou à Philidor l’Aîné (André Danican Philidor/c*1647-1730), une Marche des timbales est jouée par les frères PHILIDOR (L’Aîné & le Cadet). Cette pièce ne pourrait-elle pas être considérée comme la première œuvre pour percussions seules de la musique savante occidentale ?

 

1739 : GLOCKENSPIEL (gl) : musique savante occidentale : premier emploi par George-Friedrich Haendel (1985-1759) dans Saül, sous le nom de « carillon à clavier ». [Musical Dictionary Graissineau]

 

 

 

GLOGKENSPIEL (gl) : ainsi que je l’ai déjà indiqué cette mention (gl) signifie que l’abréviation du glockenspiel que je propose est gl. Pour découvrir ou prendre connaissance des autres abréviations de noms d’instruments à percussion que je propose, cliquez sur abréviations. mf

 

 

 

1741 ou 1744 : En Irlande, Richard Pockrich met au point son ORGUE DES ANGES (jeu de verres musicaux, vm) avec lequel il semble avoir été le premier à maîtriser, jusqu’à la virtuosité, la mise en vibration des verres avec la technique des doigts mouillés. [NGDMI, 1-59 & 2-725 - ces 2 pages donnent 2 dates différentes pour le même événement ??? – certains auteurs – écrivant peut-être à la manière des relayeurs-ripolin – utilisent le patronyme de Pockridge pour ce brave Irlandais. Allez savoir…]

 

1746 (avril) : A Londres, Christoph Willibald Gluck(1714-1787)  compose & joue lui-même un Concerto pour 26 verres accordés avec de l’eau. [NGDMI, 2-725]

 

c1750 : dans le courant du XVIIIe siècle, des Janissaires font connaître le DAVUL[lien] en Europe.

 

1753 : des tambours-tonneaux appelés tumbas – TUMBADORAS[lien] (td) - sont mentionnés dans une lettre datée du 6 décembre 1753 écrite par l’évêque Pedro Agustín Morell Santa Cruz y Lora, évêque de Santiago de Cuba à Sa Majesté le Roi [d’Espagne].

 

1773 : Céphale & Procris ou l’amour conjugal d’André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) prévoit un TAMBOURIN PROVENÇAL[lien] (tn-p). [Facchin, 543].

 

1779-1785 : Versailles, Petit Trianon (« La Petite Vienne »), « théâtre de société » de Marie-Antoinette : utilisation d’une MACHINE A TONNERRE, on simule le grondement du tonnerre en faisant rouler une brouette dont les roues ont une circonférence grossièrement dentée. [Stéphane Berne, in Secrets d’Histoire, Marie-Antoinette intime. Magazine filmé. Diffusion : France 2, 07.08.08-20h50]

 

1788 : Charles Clagget  construit le AIUTON qui adapte un clavier au principe des tuning forks. [NGDMI, 3-680]

 

 

1789 : première utilisation en France d’une GROSSE CAISSE (gc) dans un orchestre d’opéra pour Nephté (Jean-Baptiste Lemoyne). [Méfano, 842]

 

1790 : Ernst Chladni termine son premier EUPHON (instrument utilisant des baguettes de verre) dont l’ambitus est de 4 octaves. [Allgemeine musikalische Zeitung (Dezember 1822), cité par Reckert, 19-20]

Δ

 

1791 : Die Zauberflöte de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) requiert une machine à tonnerre, (Donnermaschine).

 

François-Joseph Gossec (1734-1829) a été le premier en Europe à utiliser un TAM-TAM (ttm) pour la Marche funèbre jouée à l’occasion des funérailles de Mirabeau à Paris. [Gravure de Laurent Guyot]

 

 

 

 

           1791, Paris : Funérailles d’Honoré Gabriel Riqueti,

            ci-devant Comte de Mirabeau, par le citoyen Laurent Guyot

 

 

1793 : Daniel Steibelt (*1764-1823) utilise un tam-tam dans son opéra Roméo & Juliette (Paris).

 

 

1797 : dans l’Ouverture de la chasse du Jeune Henry, Etienne-Nicolas Méhul fait entendre un tir de PISTOLET. Johann Strauss Jr (Schnell Polka auf der Jagd,) & Eric Satie (*1866-1925), dans Parade (1917) suivront…

 

 

 

 

1800 : Ernst Chladni améliore son EUPHON (notes tenues possibles, contrôle des dynamiques renforcé), il baptise CLAVICYLINDER le nouvel instrument. Le joueur d’harmonica de verre Sascha Reckert a pu examiner un exemplaire (endommagé) de cet instrument au Musée des Instruments de musique de Berlin (de/be). [Reckert, 20]

 

         « Le MELODIKON est un type de piano mis au point par Pierre RIFFELSEN de Copenhagen (dk). Le son était produit par le contact de tiges fourchues avec un cylindre métallique tournant. » (NGDMI, 2-641).

 

1805 : «  Le MELODION est un piano carré dessiné par Johann Christian DIETZ. Son mécanisme ressemble à celui du clavizylinder d’Ernst Chladni. »  (NGDMI, 2-641)

 

1820 : un FOUET (fo) aurait été utilisé pour la première fois dans un opéra : Der Freischütz de Carl-Maria von Weber (*1786-1826). (Facchin, 259)

 

1830 : apparition des batas à Cuba : l’histoire de ce trio de membranophones devrait faire l’objet d’un livre… Pour écrire cette étude, dans l’hexagone (en Europe plutôt), je ne vois guère que Daniel Chatelain ou Patrice Banchereau ou ces deux grands connaisseurs faisant équipe. A l’écoute du prestigieux Milian Galis[lien], Daniel m’a envoyé deux tableaux récapitulatifs de l’histoire des batas à Cuba (La Habana & Matanzas) & de leurs liens religieux (santeros retenus par la tradition orale) qui permettent de suivre les lignées des olubatá (tambourinaires batas sacrés) & de jeux de tambours démarrées par le jeu Añabí & donnent une idée des nombreuses & difficiles recherches à effectuer. En conclusion de son courrier, rigoureux donc prudent comme à l’accoutumée, Daniel me propose de m’en tenir à cette assertion : « La tradition havanaise des tambours batas prétend être plus ancienne que la tradition de Matanzas, apparue séparément (?1874). Cette tradition orale (donc coefficient d’incertitude non négligeable) de La Habana transmet la date de 1830 pour la création par Añabí du premier jeu de tambours batas à Cuba. »

 

c1830 : « Les PALOS (ou atabales), longs tambours cylindriques en bois apparus entre 1820 & 1840, scandent diverses danses congos. Leur membrane est maintenue par des coins & ils sont accordés à la chaleur d’une flamme (Santo Domingo). » Isabelle Leymarie in Du tango au reggae : 84. 1996. Flammarion.

 

1831 : Dans Robert le Diable (Finale de l’acte II), Giacomo Meyerbeer (*1791-1864) écrit 4 parties de TIMBALES. [Méfano, 842]

 

 

1841 : l’interprétation de la Première Symphonie de Robert Schumann (*1810-1856) exige 3 TIMBALES

 

         Paul-Joseph GERMAIN (Paris) invente le PIANO BASQUE [???]

 

Δ

 

1847 : invention du MELODIKON WITH DRUMS par NUNNS & FISCHER à New York City (us/ny).

 

 

1850 : « La première description d’un orchestre comprenant un drummer date de cette année. Dès la fin du XIXe siècle à New Orleans (us/lo), des tournois (cutting contests) opposaient des fanfares (brass bands) ayant pour pivot la grosse caisse dont le joueur le plus connu fut « Black Benny » Williams (1899-1924). A la grosse caisse actionnée par un musicien succéda le double drumming fondé sur deux musiciens pour trois instruments : un à la caisse claire, un autre pour la grosse caisse & les cymbales. C’est dans le passage du brass band de marche & du street work de la journée au jazz band de danse & à l’orchestra work du soir qu’est née la batterie, ensemble (set) d’instruments associés de manière à être joués par un seul musicien. Celui-ci devait être assis pour pouvoir actionner avec ses pieds, grâce à des pédales, la grosse caisse puis la double cymbale coulissante (charleston ou hi-hat), inventée en 1926. Le premier batteur de jazz en même temps que l’inventeur du premier set de batterie aurait été Dee Dee Chandler (*1866-1925). » Jean-Pierre Digard, « & le jazz créa la batterie… ». L’Homme . 158-159, « Jazz & anthropologie ».

 

1854 : « Le MATTAUPHONE est constitué d’une série de verres musicaux, il a été construit par Joseph MATTAU à Bruxelles (be) & présenté à Paris à l’Exposition de 1855. Cette boîte (128x62,5 cm) repose sur 4 pieds à 94 cm du sol, elle contient 38 verres rangés de Do1 à Do4, mis en vibrations par les doigts [mouillés ?]. » (NGDMI, 2-622)

 

1855 : Adolphe SAX (1814-1894) met au point une TROMPETTE TIMBALE.

 

1860 : Thomas Machell commence ses expériences avec les tuning fork instruments, Glasgow (uk/sc). [NGDMI, 3-680]

 

1861 : « Le Louisianais Louis Moreau Gottschalk [*1829-1869] fait jouer à La Habana (cu) une pièce de sa composition prévoyant 40 (!) pianos & un tambour de tumba francesa (cf. Alejo Carpentier, 1946). Premier tambour cubain dans la musique de concert écrite? » Daniel Chatelain.

 

1865 : Victor Mustel commercialise l’instrument mis au point par Thomas Machell sous le nom de TYPOPHONE, Paris. [NGDMI, 3-680]

 

1880 : Thomas Machell perfectionne le typophone pour en faire ce qu’il appelle un DULCITONE. [NGDMI, 3-680]

 

 

1883 : Emile BOULANGER met au point le système des TIRANTS pour certains membranophones… système perfectionné & toujours utilisé. ?AV?

 

 

1886 : CÉLESTA (cs). Métallophone inventé par Auguste Mustel (fils de Victor), Paris. [NGDMI, 1-320 – NGDMI, 2-728 avance que ce nouvel instrument aurait été inspiré à Antoine par le typophone de son père]

 

1890 : Mustel met au point le TUBAPHON fait de tubes d’acier reposant sur des coussinets de velours. Jean-Yves Patte qui en possède un & en joue dit qu’il en resterait un en Bourgogne.

 

 

1895 : invention de la pédale de GROSSE CAISSE (gc) par Dee Dee CHANDLER, USA – déjà inventeur du set de batterie.

 

 

1904 : première apparition de CLOCHES de VACHE dans une œuvre de musique savante occidentale, à savoir la Symphonie n° VI en La mineur dite « Tragische Sinfonie » de Gustav Mahler (*1860-1911).

 

 

 

« Seigneur Dieu, j’ai oublié le klaxon[lien]

maintenant, je peux encore écrire une symphonie. »

 

 

A propos de l’instrumentarium, il faut citer l’érudit Henry-Louis de La Grange, malhérien militant, dont l’imposant ouvrage consacré au compositeur bohémien continue d’être une référence :

« … Mais c'est surtout la famille des percussions qui atteint, dans cette symphonie, des dimensions inusitées. Elle comprend deux paires de timbales, une grosse caisse, un triangle, des verges (ruthe), un tam-tam &, pour la première fois dans l'œuvre de Mahler, des cloches de vaches & des cloches graves à hauteur indéterminée. C'est aussi la première fois que Mahler fait appel, dans son œuvre symphonique, au célesta, instrument de la famille des métallophones, dans lequel des lames de métal placées sur des boîtes de résonance sont frappées à l'aide de marteaux actionnés par un clavier. Au célesta, il faut encore ajouter le xylophone & le fameux marteau dont Mahler attend des "coups brefs & puissants, avec une résonance sourde de caractère non métallique, comme un coup de hache". Il a tout d'abord expérimenté avec une énorme caisse en bois qu'il a fait fabriquer & couvrir de peau. Mais le résultat n'étant pas concluant, il lui a fallu renoncer à l'utiliser. Au concert, ces coups de marteau qui ont fait couler tant d'encre sont très rarement audibles & il est probable que Mahler aurait accueilli avec joie un son d'origine électronique. Dans une des dernières versions de l'ouvrage, il a d'ailleurs supprimé le dernier coup de marteau, ce qui montre bien l'importance toute symbolique qu'il accordait à ces coups. »

 

DE LA GRANGE, Henry-Louis. 1973. Gustav Mahler, Chronique d’une vie, tome II, L’Âge d’or de Vienne (1900–1907). Paris : Fayard, 1155–1180.

 

1906 (9 novembre) : « Thaddeus CAHILL (1867-1934), scientifique canadien, présentait pour la première fois (New York City) un instrument musical entièrement mécanique & électrique, constitué d’une batterie de dynamos dont le fonctionnement faisait plus de bruit que le son effectivement produit ! Celui-ci était destiné à être diffusé dans divers lieux publics aux travers des lignes téléphoniques. Dénommé TELHARMONIUM, cet ancêtre du synthétiseur ou de la musique diffusée par internet (qui, bien entendu, fut un échec commercial) marque le début d’une nouvelle ère dans l’histoire de l’instrument de musique. » Marc Battier : incipit de la présentation du forum « La Nouvelle lutherie au XXe siècle », Cité de la Musique, Paris – 28.10.2006.

 

cXXe siècle (début) : tessiture du XYLOPHONE : 3 octaves, Europe. (cf. Alain Londeix, Evolution du xylophone, 1990 - manuscrit).

 

c1912 : premières utilisations des BALAIS (brushes ou fly killers ou fly swatters). Jean-Pierre Digard, « Et le jazz créa la batterie… ». L’Homme . 158-159, « Jazz & anthropologie ».

 

Δ

 

1914 : Henry Cowell explore les possibilités des accords de cluster dans The Tides of Manaunaun (?1912) & Dynamic Motion (1914). Pour réaliser des clusters, le pianiste plaque un ou deux avant-bras sur les touches afin de jouer des accords massifs, en maintenant les touches immobiles de manière à limiter les résonances & intensifier les dissonances harmoniques. Puisque « Nobody is perfect !!! », il faut regretter que, quelques années plus tard, Cowell ait prétendu que The Tides of Manaunaun avait été composé en 1912 & Dynamic Motion en 1914 (cf. Michael Hicks (2002). Henry Cowell, Bohemian. Urbana (us/il) : University of Illinois Press, page 58).

 

Henry Cowell (*1897-1965)

 

1917 : première édition de Stick Control for the snare drum (George Lawrence Stone), qui continue d’être la Bible de tout percussionniste.

 

1918 : premier emploi (orchestre symphonique de musique savante occidentale) d’un KLAXON (kx - « cornetta d’automobile lontana » dans Il Tabarro de Giacomo Puccini (*1858-1924), Italie. (Facchin, 698).

 

1919-1930 : « En 1919, Henry Cowell commença à écrire New Musical Resources, ouvrage qui sera finalement publié en 1930 après une minutieuse révision. Centré sur la variété des concepts d’innovation rythmique & harmonique qu’il employait dans ses compositions (& d’autres de ses idées encore totalement spéculatives), il allait avoir une influence puissante sur l’avant-garde musicale américaine durant des dizaines d’années. Se référant à ses théories, Conlon Nancarrow (*1912-1997), par exemple, déclarera catégoriquement : « qu’il n’a jamais rien lu d’aussi déterminant. » L’intérêt de Cowell pour les rythmes harmoniques (« harmonic rhythms » dixit), discutés dans New Musical Resources le conduisit à contacter Léon Theremin (Lev Sergueievitch Termen, dit « Léon Thérémin, *1896-1992) pour la mise au point du RHYTHMICON, ou Polyrhythmophone, un clavier instrumental capable de jouer des notes dans des rythmes périodiques proportionnels aux séries des harmoniques d’une note fondamentale déterminée. La première machine électronique à rythmes du monde avec un système de production du son basé sur un photo-récepteur vit le jour (mais pas avec un système signé Theremine, comme des sources l’ont faussement établi). Le rhythmicon pouvait produire jusqu’à 16 patrons rythmiques simultanés, avec des possibilités de syncopation. Cowell écrivit plusieurs œuvres originales pour l’instrument, notamment Rhythmicana, une pièce pour rhythmicon & orchestre (1931)  De son côté, Theremine construisit deux autres modèles. Bientôt cependant, le rhythmicon devait être virtuellement oublié, & ce, jusque dans les années ‘60, quand le producteur-ingénieur du son de « progressive pop music », Joe Meek (*1929-1967) expérimente ses propres concepts rythmiques. » (site web wikipedia, 04.07.2008). & quand, « … en 1971, Leland Smith a réalisé la partie soliste sur un ordinateur & quand Sandor Salgo, accompagné de l’’Orchestre Stanford’, a créé l’œuvre sous le nom de Concerto for Rhythmicon & Orchestra). » [Bruce Saylor, The new Grove Dictionary of Music & Musicians (Stanley Sadie ed) – 1984 : Mac Millan Publishers Limited, tome 5/page 10]

 

1920 : premier MARIMBAPHONE (mb). J.-C. Deagan, Chicago (us/il). Utilisé par Percy Grainger.

 

c1920’s : au début de cette période, le SWANEE WHISTLE apparaît dans la musique légère & dans le jazz (USA). En France, il est connu sous le nom de JAZZO-FLÛTE (jf).

 

Maurice Ravel semble avoir été le premier compositeur de musique savante occidentale à l’utiliser dans L’Enfant & les sortilèges pour évoquer le paysage sonore d’un jardin la nuit, il ne sera pas le seul. [NGDMI, 3-480]

 

c1921 : à dater du début des années 1920, les tambours chinois [tambours-tonneaux[lien] (tb-t)] à 2 peaux cloutées) des batteries-jazz vont laisser la place à ce qu’on appellera des tom-toms puis finalement des TOMS. Pendant un temps, certains batteurs utiliseront des tambours « métissés » (1 peau de frappe à fixation-tension mécanique & une peau de résonance cloutée), qui se présenteront bientôt comme des tambours cylindriques munis d’une seule peau accastillée. Ces toms continueront - comme les shugu asiatiques - d’être fixés à la grosse caisse avant de devenir les floor toms que nous connaissons[lien]. [cf. Danny L. Read. 1982. « The Evolution of the drum set : part 2 ». Modern Drummer (February/March 1982) : 16-29 & 68, photos]

 

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Tom-toms “métissés” - © 1982 Ken Mezines D.R.

 

 

1922 : premier VIBRAPHONE[lien] (vb), Leedy Drum Company, USA.

 

1924 : un FLEXATONE (fx) est breveté à Londres (uk), puis à New York City (us/ny). Aussitôt utilisé dans le jazz, il attirera assez rapidement des compositeurs de musique savante occidentale (Honegger (1892-1955)/Antigone, 1927, Schoenberg (1874-1951)/Variationen für Orchester op 31, 1928). Selon le on-dit, l’inventeur [qui ?] se serait inspiré de la MÂCHOIRE D’ÂNE (qj) pour mettre au point sa trouvaille soi-disant partiellement analogue à l’os asinien. Je trouve que le flexatone rappelle plutôt le vibra-slap, lequel lui-aussi a vite pris la place du maxillaire inférieur du quadrupède brailleur. L’idiophone naturel n’a pas pour autant totalement disparu des mains des percussionnistes… La preuve ? Daniel Chatelain l’apporte : « La quijada est une mâchoire d'équidé (âne, cheval) qui était utilisée dans les styles traditionnels (son & styles apparentés). Elle était jouée selon différentes techniques (frappe latérale du poing, technique de friction sur les dents avec une baguette, etc.). Elle a été récemment réutilisée par un groupe de Santiago de Cuba, ‘La Botija’. Elle a été remplacée internationalement, pour la première technique de jeu citée, par le vibra-slap. On la retrouve dans la musique afro-péruvienne. »


Quijada © Marc Dinet

www.ritmacuba.com/instrumentsCuba.html

 

1925 : Ensemble (Henry Cowell) –“ original version for String Quintet & Thunder sticks ” – 2 violons, 2 altos, 2 violoncelles & RHOMBES - 10:00 – “ The Thunder Sticks –“rhombes d’origine amérindiennne” - are only used in movements I & III, their lines are to be improvised. All players perform from score.” – Editions G. Schirmer Inc. Je n’ai pas pu avoir de certitude sur la composition référencée dans wikipedia de l’Adagio for Cello & Thunder Sticks (1924).

 

c1926 : Vic BERTON (*1896-1951) & Kaiser MARSHALL (*1899-1948) auraient été les premiers à utiliser un système de tige coulissante pour la CYMBALE CHARLESTON (cy-c), New York City (us/ny). [Aux dernières nouvelles [sic], cela remonterait à l’année 1922.” Alain Gerber, France Musique, “Le jazz est un roman” : 12.11.03-18h24]

 

1927 : premier enregistrement d’une grosse caisse par Gene KRUPA jouant avec les ‘McKenzie-Condon Chicagoans’. [Stephen L. Barnhart : Percussionists, 216. Westport (us/ct)/London(uk) : Greenwood Press.]

 

1928 : Chick Webb (*1909-1934) fut le premier batteur à diriger un grand orchestre, au Savoy Ballroom de New York City.

 

1929 : invention de la GLASSHARFE (« harpe de verre ») par Bruno Hoffman.

 

1930 : Louis Armstrong (*1901-1971) encourage Lionel HAMPTON (*1909-2002) à se consacrer au VIBRAPHONE[lien]. Enregistrement en Californie.

 

Amadeo Roldán (*1900-1939) compose Rítmicas V, pour 11 instruments à percussion, La Habana (cu). C’est la première œuvre du genre à voir le jour. Il semble bien que le compositeur cubain ait influencé l’Edgard Varèse de Ionisation, ne serait–ce que par personne interposée (Alejo Carpentier). Dans un article de l’époque, Carpentier parle de la suite adaptée par Roldán de leur ballet La Rebambaramba (1928), jouée à Paris sous la direction de Nicolas Slonimsky. Il raconte, qu’à la fin du concert, des compositeurs, intrigués par l’instrumentarium percussif de l’œuvre, n’eurent de cesse d’examiner la partition (3 des 5 pièces de cette suite sont des congas…), en particulier pour découvrir les procédés de notation des parties de claves, de güiro & de maracas utilisés par Roldán. Varèse ne fut pas le moins curieux, il obtint même de Nicolas Slonimsky (*1894-1995) la permission d’emporter la partition chez lui… Si j’en juge par ma documentation personnelle, il semblerait que les parties des trois instruments cités sont notées sur des… pentagrammes (modèle bien connu n’est-ce-pas ?). Alors ? mf

Δ

Concernant ces Rítmicas, on peut lire :

¤ LANVANDINGHAM, Larry. 1972. « The percussion ensemble : 1930-1945. ». ¤ The Percussionist . 9-3 (Spring 1972) : 74-81, musique.

¤ NEIRA BETANCOURT, Lino A. 2006. « RÍTMICAS V-VI de Amadeo Roldán. Golpe al centro de la percusión ». CLAVE . 8-1 : 12-17, biblio, chorégraphie, dessin, disco, filmo, musiq, photo.

On peut écouter :

 

1955. « Ritmicas V & VI. Manhattan Percussion Ensemble, direction Paul Price » - LP 30-33– Mainstream MS 5011.

¤ 1997. « Ritmicas. Tambuco » - CD – Dorian 90245- 67 :08 - 1997. [ce cd propose les 2 pièces d’Amadeo Roldán (*1900-1939) & des œuvres de Gabriela Ortiz, Eugène Toussaint, Santiago Ojeda, Minoru Miki & Graham Fitkin]

 

Amadeo Roldán

Amadeo Roldán (*1900-1939) DR

 

Quant à La Rebambaramba (1. Final del 1er cuadro 2. Interludio 3. Comparsa lucumí 4. Comparsa de la culebra 5. Final), on la retrouve sur le CD des « New world symphony percussionists, direction Michael Tilson Thomas »– Argo 436 437-2, réédité dans « Latin American Classics » - CD – Eloquence 462 603, en 2002]

 

Installé à Carmel (us/ca) qu’il quittera bientôt pour Big Sur (us/ca), Harry PARTCH commence à construire les instruments qui lui permettront de jouer sa musique (43 sons à l’octave). Le premier, c’est la « viole adaptée » qui sera achevée en 1930 ; une vingtaine de cordophones & d’idiophones suivront.

 

 

Je ne fabrique pas des instruments,

je suis un philosophe

attiré par la menuiserie.

 

Harry Partch (*1901-1974)

 

 

c1930 : Adrian ROLLINI (*1904-1956) aurait-il introduit le VIBRAPHONE dans le jazz avant Lionel Hampton ? cf. « Adrian Rollini. Adrian Rollini as a sideman 1929-1933/Adrian Rollini & his Orchestra 1933-1934” – 2 CD - Jazz Oracle BDW 8050 – 2h 34:15 – 1929/1934/r2004.

www.jazzoracle.com

 

1930-1943 : les STEEL BANDS[lien] prennent progressivement la place des tamboo bamboo bands durant les défilés & parades du Carnaval (Trinidad).

 

1932 : première utilisation en musique savante occidentale du VIBRAPHONE par Maurice Ravel (*1875-1937) dans Chansons de Don Quichotte à Dulcinée.

 

Apparition à San Cristóbal (do) de la TAMBORA (tba) dans l’accompagnement du carabiñé. [Isabelle Leymarie. in Du tango au reggae: 83. 1996. Flammarion]

 

1934 : une TUMBADORA (td) est utilisée pour la première fois dans un orchestre de son havanais : ‘El Septeto La Llave’. [Jesús Bianco, musicologue - Cándido CAMERO[lien]  (*1921, La Habana/cu), percussionniste]

 

1936 : des BATAS[lien] (bt) “profanes” (construits par Pablo ROCHE) apparaissent pour la première fois en public lors d’une conférence sur la musique yoruba organisée à La Habana (cu) par Fernando Ortiz au Teatro Campoamor le 30 mai ; les percussionnistes sont: Pablo ROCHE (iyá), Aguedo MORALES (itótele) & Jesús PÉREZ PUENTES[lien] okónkolo). Peu de temps après, Gilberto Valdés les emploie dans un orchestre symphonique. cf. CAPONE, Stéfania. 2005. Les Yoruba du Nouveau Monde : Religion, ethnicité & nationalisme noir aux Etats-Unis. Paris : Karthala : 216-222.

 

 

De G à D : X ( ?Aguedo Morales), Don Fernando (debout),

Pablo Roche & Jesús Pérez Fuentes - © 1936 - DR

 

 

« En 1936, Gene KRUPA, l’étoile du tambour, a voulu un TOM [tm] à la sonorité particulièrement grave. Aussi demanda-t-il à ‘Slingerland’ de fabriquer des toms accordables. Ces tambours avaient des mécaniques de timbales pour les deux peaux (ou parfois seulement sur la supérieure). […] Mais cette mécanique étant un peu trop rude pour les baguettes, ‘Slingerland’ les remplaça par des clés. Quand le son si reconnaissable du tom de Gene Krupa dans Sing Sing Sing gagna les ondes [de radio], ‘Slingerland’ remporta un énorme succès - & les toms chinois furent réellement écartés ; ils ne devaient plus jamais sonner sur une batterie. » Harry Cangany in Modern Drummer (January 1996) : 6.

 

 

 

1937 : « Benny Carter accueille un conguero [mais qui donc ? dans Crazy Rhythm ?] dans son orchestre… » [Alain Gerber, France Musique, 16.09.2003] [en 1937, Benny Carter dirigeait une orchestre « interracial & multinational » basé aux Pays Bas]

Δ

 

 

     ¡ AMI VISITEUR ! 

     Tu t’apprêtes à citer un extrait de cette page de l’Historique des percussions, sois sympa de faire précéder ta citation de…

EXTRAIT DE  http://www.mespercussions.org/instruments/historique.html

(date du jour de ta citation)

      Merci, à bientôt ! Michel Faligand

 

 

 

 (11 mai) : … une spectaculaire joute musicale entre le grand orchestre de Chick Webb & celui de Benny Goodman (1909-1986) donna l’occasion à Chick Webb (1909-1939) & Gene Krupa (1909-1973) de se lancer dans une fameuse drum battle au Savoy Ballroom. L’événement attira près de 10 000 personnes, mais seulement 4 000 purent entrer & il fallut l’intervention de la police montée & des pompiers pour refouler les 6 000 frustrés…

 

1940 : John Cage (*1912-1992) invente le PREPARED PIANO (po-p) - « piano préparé », pour sa Bacchanale (in ¤ « John Cage. Works for Piano & Prepared Piano. Vol IV » - CD – Wergo 6159-2 286 – 1986/1994). L’histoire permet de rendre justice à celui qui précéda Cage dans ses recherches : le très original & très talentueux pianiste, compositeur, théoricien, enseignant, éditeur, luthier, impresario Henry COWELL (*1897-1965). Après avoir travaillé la technique des clusters, Cowell inventa le STRING PIANO, vers 1923. Ce faisant, il jouait vraiment d’un instrument à cordes…

 

Cowell playing string piano on the cover of his lone recording

Cowell jouant du « string piano »,

pochette du disque « Piano music »

(Smithsonian Folkways 40801).

Quelques dix-huit années plus tard, Maurice Jarre (*1924-2009) – qui fut percussionniste (plus particulièrement timbalier) avant de devenir le compositeur que l’on connaît, que j’admire – « préparera » un piano autrement, pour un court-métrage de Georges Franju. Il se souvient : « Franju était ouvert à toutes les formes d’expérimentation sonore. Par exemple, le thème Enterrement à l’asile (La tête contre les murs, 1958) est écrit pour un banjo désaccordé & un piano démonté, à l’intérieur duquel j’ai fait sonner de vieux carillons d’horloge. On obtenait des vibrations vraiment étranges, d’un apport insolite à l’image. » ¤ « Anthologie 80e anniversaire » - CD – Playtime 864599-2 – 2005 [plage 3 – cf. aussi : www.radioclassique.fr/les-programmes/speciale-maurice-jarre.html ]

 

Maurice Jarre (*1924-2009) - c’60

 

c1940 : Kenny CLARKE (*1914-1985) est le premier à placer le « cha-ba-da » sur la cymbale ride au centre de son jeu pour tenir le tempo.

 

L'innovation de l'usage simultané d'un cajón & d'une tumbadora est attribuée à Justo Pelladito (père) dans les années '40 (source : Tata Güines[lien], via Ritmacuba).

 

1941 : Chicago (us/il), Soldier’s Field Stadium, 18 avril, « Xllth Annual Chicago Band Music Festival » : Claire Omar MUSSER dirige le ‘Festival Marimba Symphony Orchestra’, soit cent cinquante marimbistes. Le programme bénéficie d’un éclairage - imaginé par le chef d’orchestre-compositeur-percussionniste-luthier - par spots de différentes couleurs focalisés sur les résonateurs des 150 instruments. En 1948, dans le même lieu, Claire Omar Musser dirigera 200 marimbas &, en 1950 (août), il réunira 300 instrumentistes à la Chicago Rail R oad Fair. II n’ira pas plus avant & ne pourra jamais présenter les 500 marimbas qu’il avait prévus pour l’Hollywood Bowl de Los Angeles (us/ca). [¤ David P. Eyler : “Focus on performance”. Percussive notes . 29-6 (August 1991) : 39-42, biblio, photo]

 

1944 : Chano POZO (1915-1948) joue sur 3 TUMBADORAS (‘Conjunto Azul’), La Habana (cu). [source photographique]

 

 

 

chronologie factuelle (percussions)

après jésus-christ (1945-2008)

 

 

c1945 : percussionnistes de l’Orchestre ‘Arcaño y sus Maravillas’, Basileo POZO “El Colorao” & Ulpiano DÍAZ inventent un système métallique (cercles & tirants) destiné à tendre mécaniquement les peaux des TUMBADORAS, La Habana (cu). Le succès aidant, le système sera rapidement utilisé pour le BONGO[lien] (bg), &, mais nettement plus tard, pour le djembé, la derbouka, le gwo ka, etc. [Texte & photo parus en 2001 dans Tropicana, périodique cubain. On a aussi attribué cette invention à Carlos “Patato” VALDÉS[lien] (*1926-2007), invention dont il aurait cédé [« gracieusement »] le brevet à Latin Percussion...]

 

Δ

 

1945 : autre version : Ray BARRETTO (*1929-2006) aurait été le premier joueur de CONGAS à travailler dans un orchestre de jazz, celui de Dizzy Gillespie (*1917-1993), comme en témoigne le disque du Dizzy Gillespie Sextet de ce millésime.

 

1946 : Ellie Mannette, fabrique son premier steel drum à partir d’un bidon de pétrole de 55 gallons… 

         www.mannettesteeldrums.com

 

1947 : en engageant Chano Pozo, Dizzy Gillespie fait entrer la TUMBADORA dans une grande formation de jazz (bop), New York City (us/ny). Certains disent que Bennie Carter (1907-2003) l’aurait précédé dix ans auparavant... ?AV?

 

Félix PASSERONE est chargé de cours au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

 

c1950 : tessiture du XYLOPHONE : 3 octaves 1/2. Europe. (cf. Alain Londeix, Evolution du xylophone, 1990 - manuscrit).

 

1952-1960 : ouverture de la première école de batterie-jazz à New York City (us/ny) par Cozy COLE (*1906-1981) & Gene KRUPA [Stephen L. Barnhart : Percussionists, 75].

 

 

1952 (juillet) : des BATAS sont intégrés dans l’orchestre de Bebo VALDÉS pour un spectacle de divertissement (Batanga con Bebo Valdés) programmé sur la chaîne “Cadena Azul”, La Habana (cu).

 

Les premiers qui ont enregistré avec les tambours batas, ce fut ‘La Sonora Matancera’ qui a enregistré le “nouveau rythme omelenkó” avec Celia Cruz au chant [il fredonne : « taratata tatita tororirorararira »].” Milan GALI interviewé par Daniel CHATELAIN (PERCUSSIONS (deuxième série). 12 (mai 2003 : 31). Daniel ajoute “Le titre Nuevo ritmo omelenkó » (E. Angulo) a été enregistré le 15 juin 1953.”

 

 

1954 (2 décembre) : création à Paris de Déserts d’Edgard Varèse, (*1883-1965) pour ensemble instrumental (4 vents, 10 cuivres, 5 percussions, piano) & bandes magnétiques de son organisé, sous la direction d’Hermann Scherchen. Une des parties de percussion prévoit – ce serait une première – l’utilisation d’un « lath on leather », 53 ans plus tard, on notera un instrument du même type dans le Concerto for Timpani n°2. XIII/The Grand Encounter de William Kraft (*1923). [source : Benoît Cambreling, mail du 09.11.2008]

 

éléments φilmographiques

Déserts – Bill Viola – 1994 – 32:00 – production : SDF/ARTE- avec ‘L’Ensemble Modern’ d. Péter Eötvös (*1944, Székelyudvaherly/he).

 

Edgard Varèse – Mark Kidel – 1995 – 57 :00 – Production : SDF/ARTE, Les Films d’ici, Casa Ricordi.

 

« Quand il neige, j’essaie d’écouter chaque flocon. » Edgard Varèse

 

c1955 : premières STRUCTURES SONORES (ssb) de Bernard & François Baschet.

 

Structures sonores Baschet - © Jeanne Le Moine - D. R.

 

 

1957 : Remo commercialise les premières PEAUX SYNTHÉTIQUES pour batterie.

http://pascal.mathelon.free.fr 

 

 

1957-58 : Henry Cowell compose sa Symphony . 13 dans laquelle il utilise un TABLA[lien] & un JALATARANG[lien].

 

 

1958 : invention du CLAVITIMBRE. (NGDMI).

 

1959 : l’entreprise Rogers réalise le premier système articulé d’ATTACHE DES TOMS (tm) sur la grosse caisse de la batterie de jazz (btt).

http://pascal.mathelon.free.fr 

Δ

 

c1960 : tessiture du XYLOPHONE : 4 octaves, Europe, aussi désigné comme XYLORIMBA, terme qui sera obsolète à partir de 1990. (cf. Alain Londeix, Evolution du xylophone, 1990 - manuscrit).

 

 

1962 : Vincent Geminiani (*1939, Paris/fr) invente la BRONTÉ (brt), particulièrement privilégiée par Yves Prin dans son oratorio pour soprano, basse, bronté, chœur mixte, chœur d’enfants & orchestre, Hymnus 68 (1969) créé le 17.08.1969 à Saint-Céré.

 

György Ligeti compose son Poème symphonique pour 100 métronomes.

 

 

1963 : « …le 6 juillet, le rythme mozambique fait son apparition au programme ´Rythmes de jeunesse’. À la tête du groupe, se trouve Pedro Izquierdo (Pello el Afrokan, *1930-2000), vêtu d’un impeccable costume de coutil blanc, d’un bonnet en peau de lapin blanc, & entouré de plusieurs danseuses qui font une démonstration de la nouvelle danse & de cinq tumbadoras, à la sonorité rappelant le piano… » [source : ritmacuba]

 

© 1996-2003 Alex Pertout

 

c1964 : commercialisation de la DOUBLE GROSSE CAISSE ELLIPTIQUE : « Cette forme était étudiée pour mettre deux pédales de grosse caisse sur le même fût puisqu’il est plat sur le bas. Bien sûr, les peaux sont rares pour cette grosse caisse, mais on les trouve encore sur commande chez Remo. L’intérieur de la grosse caisse est d’ailleurs divisé en deux caissons, pour avoir un son différent sur les deux battes de grosse caisse. Cette batterie « Trixon Speedfire » est d’origine allemande, & a été fabriquée vers 1964. […] Il existe un super site internet sur les « Trixon. » ( www.trixondrums.de ), avec des kits incroyables & très rares, à visiter absolument. » Elodie, in Batteur Magazine . 184 (septembre 2005) : 10, photos. Le site en question donne également des photos d’une GROSSE CAISSE TRONCONIQUE commercialisée en Italie par Daldoss drums, la batte percute la peau de plus fort diamètre ; le site ne parle pas de l’influence de ce volume sur les caractéristiques du son.

 

1965 : Mingiedi Mawangu, fondateur du groupe ‘Konono n°1’ amplifie son LIKEMBÉ, en bricolant des micros qu’il branche sur une radio, puis sur un autoradio. (cf. le cédé « Musiques urbaines à Kinshasa »Ocora C 559 007)

 

élément δiscographique

¤ « Orchestre tout puissant likembé. Konono n°1. Mingiedi Mawangu. Lubuaku » - CD – African Series AS 09 – ?r2005.

 

‘Konono n°1’ (Kinshasa) - © 2007 - DR

Sur la droite de la photo, on voit un grand tambour à

fente typiquement congolais « soutenu » par des clochettes.

 

 

1966 : « Un DEAD STROKE (« coup mort ») est un coup donné avec une baguette en laissant la baguette posée après le coup (sans la relever) sur la peau (ou la lame). Cela produit un son mat, sourd & court. Sauf erreur de ma part, c’est Elliott Carter qui a utilisé le premier cet effet dans les fameuses 8 pieces for Timpani. Autre exemple : une partie à plusieurs vibraphones de Desert Music de Steve Reich. » Jean-Guillaume Cattin, correspondance.

 

1967 : Au cours d’un « terrain » chez les Ngbaka (Centrafrique), « poussé » par la nécessité, Simha AROM (*1930, Düsseldorf/de) invente une technique d’enregistrement optimisant la transcription des musiques traditionnelles recueillies in vivo, c’est-à-dire rendant plus rigoureuse l’analyse de celles-ci. Je lui laisse la parole :

 

 

« les appareils autonomes disponibles actuellement ne permettent pas d’obtenir simultanément des enregistrements indépendants sur plus de deux canaux. On en revient toujours, d’une façon ou d’une autre, à se heurter à la difficulté de la séparation des parties à l’intérieur d’un tout. C’est pourquoi l’idée nous est venue, plutôt que d’enregistrer avec plusieurs microphones en une seule fois, d’enregistrer avec un seul microphone en plusieurs fois. Il s’agit là d’une application de la technique du « play-back », c’est-à-dire de la reconstitution diachronique d’un ensemble d’événements sonores qui se présentent dans la réalité de façon synchronique. » 

 

 

Cette brève citation est extraite de Polyphonies & polyrythmies instrumentales d’Afrique Centrale, volume 1 : structure & méthodologie : page 190. Editions SELAF. 1985. ISBN 2- 852-97163 -1. On trouve ce que j’ai noté comme « une explication cursive de la méthode du play-back » dans Portait d’un ethnomusicologue en Afrique, séquence filmée de Marie-Odile Monchicourt & Jérôme Blumberg, diffusée dans « Archimède » (Arte, 31.10.2000). Il faut avoir participé aux Séminaires du Maître pour mesurer combien cette découverte, présentée sans tambours ni trompette par son auteur, aura rendu de services, ne serait-ce qu’aux nombreux participants aux susdits séminaires (exemple : « La Harpe de l’ancien royaume nzakara », étude d’ethnomusicologie mathématique due à Marc Chemillier, Les cahiers du GREYC . 15/1999 – Université de Caen, repris dans Les Mathématiques Naturelles. 2007. Paris : Odile Jacob : 162-137+). J’ignore si les « releveurs » de polyrythmies (afro-cubaines, afro-brésiliennes, mandingues, etc.) qui nous submergent de transcriptions à longueur de méthodes ont eu connaissance de cette avancée technologique. Car aucun de ceux dont j’ai lu les écrits ne fait allusion à la technique qu’il a utilisée – lui, dans son coin - pour noter avec un maximum d’exactitude les différentes parties des polyrythmies qu’il propose, comme si cela allait de soit que la bonne vieille oreille est encore ce qui se fait de mieux pour approcher au plus près la complexe réalité. Je m’égare… mf

 

élément βibliographique 

¤ AROM, Simha. 2007. La boîte à outils d’un ethnomusicologue. Textes réunis & présentés par Nathalie Fernando[lien]. Montréal (ca) : Les Presses de l’Université de Montréal.

 

Δ

 

1967 : Richard Waters invente le WATERPHONE (wp).

 

MegaBass Waterphone

Waterphone/Richard Waters D. R.

 

1968 : c’est l’année de parution de Four Mallet Studies de Gary Burton (*1943, Anderson/us, in) chez Creative Music qui divulgait le fameux « Burton Grip ». Un bref article (Percussive Notes . 46-4 (August 2008) de Darin Olson : 36-38+) passe en revue quatorze méthodes qui devraient faire le tour de la question. Dans les archives de PSF, j’ai retrouvé un article de Leigh Howard Stevens publié dans Modern Percussionist . I-3 (June 1985) ; les schémas des prises (grips) y sont commentés avec précision & beaucoup d’humour ; les uns & les autres permettent de bâtir la petite chronologie que voici.

 

Traditional Crossed-Stick Grip – date d’apparition inconnue mais probablement autour de 1900 ou plus tôt - dénomination : « Scissors ».

 

Musser Grip – apparition vers 1920 – dénomination : « Clair Omar ».

 

Burton Grip – années ’60.

 

Stevens Grip1971 – dénomination : “My Grip”.

 

Dans le même périodique, mais trois mois plus tard, Leigh Howard Stevens monte au créneau pour dire tout le bien qu’il pense de… sa méthode (Method of Movement, publiée par Marimba Productions), puis il invite les sceptiques à s’y reporter…

 

« J’ai travaillé Red Norvo, on l’oublie tout le temps alors que c’est le premier à avoir joué à 4 mailloches. »  Frank Tortiller, site web Citizen Jazz, 25.09.2006. Peu de temps après avoir lu ce souvenir du justement réputé vibraphoniste hexagonal, j’ai vu, à la télévision, Red Norvo (*1908-1999) jouer avec 4 mailloches, il s’agissait de la captation d’un « Timex Frank Sinatra Show » de 1959… 1959/1960 : y’a photo !

 

Le xylophoniste banda dakpa (Centrafrique), photographié par Simha Arom, n’ignore pas – lui non plus – le jeu à 4 baguettes… Comme celui photographié par Charles Duvelle en 1962 à Bladé (Centrafrique, mais chez les Banda Linda) – cf. le CD ¤ «  Musique Banda. Centrafrique » - Philips 468448, plage 12.

 

         Xylophone kálángbá - © - Simha Arom

 

1971 : premier solo de BATTERIE ROCK A MAINS NUES par John Henry “Bonzo” BONHAM (‘Led Zeppelin’) dans Stairway to heaven.

Δ

 

LED ZEPPELIN - Led Zeppelin IV CD album cover

Led Zeppelin IV

 

1971 : Pour son opéra Young Caesar, Lou Harrison (*1917-2003), associé à BilI Colvig, construit un “orchestre de percussions accordées en intonation juste” appelé « Old Granddad ». En raison de ses ressemblances acoustiques avec les gamelans, “Old Granddad” fut finalement baptisé “AMERICAN GAMELAN”, c’était le premier du genre... & du nom. ‘Si Darius & Si Madeleine’ fut construit en l’honneur du couple Milhaud, exilé en Californie de 1940 à 1971 – Darius Milhaud (*1892-1974) étant professeur au Mills College - & lié d’amitié avec Lou Harrison, puis, plus tard, ‘Si Betty’ (en l’honneur de la mécène locale Betty Freeman) ne tarderaient pas à venir.

 

1972 : Max Eastley commence à construire sa famille de CENTRIPHONES, motirized sound sculptures basés sur la force centrifuge. [NGDMI, 3-323]

 

Jusque là, seulement timbalero, CHANGUITO[lien] entre comme batteur dans l'orchestre ‘LOS VAN VAN’. Bientôt, il utilisera un nouveau set de batterie « cubanisé », instrumentarium dans lequel les timbalès prendront la place traditionnelle de la caisse claire (& de la charleston). Ces derniers éléments reparaîtront à l'occasion dans le perfectionnement de ce set, mais déplacés. Les toms y seront en général supprimés ou réduits, limités au tom basse. Antérieurement à cette évolution, des combos cubains avaient ajouté les timbalès à gauche de la caisse claire (pour les droitiers). Merci à l’expert qu’est Daniel Chatelain pour ces précisions.

 

 

 

c1970 : TAMBOUR D’ORDONNANCE (tb) : c’est au cours des années ‘70 que Yamaha a mis sur le marché un tambour basé sur le principe des colonnettes. A leur tour, ces nouveaux instruments ont induit un nouveau port de l’instrument «… au lieu d’être supporté en biais par un baudrier, la caisse est souvent suspendue à un harnais reposant sur les épaules, ce qui place à l’horizontale la surface de frappe & amène parfois une tenue différente des baguettes. » J.-P. Maingam, in les tambours de 89 . 75 (février 2004): 14.

 

1973 : David TUDOR termine la mise au point de RAINFOREST IV « la plus importante de ses sculptures sonores ». [NGDMI, 3-672]

 

1976 : « Ma toute première machine fut construite en 1976, pour une soirée de solos organisée par Jac Berrocal» Pierre Bastien in Mecanium.

 

1978 : le premier SIXXEN[lien] (sx), métallophone) est mis au point par lannis Xenakis, Robert HÉBRARD & ‘Les Percussions de Strasbourg

 

Dean DRUMMOND (*1949, Los Angeles/us, ca) invente le ZOOMOOZOPHONE (zo), idiophone fait de 129 tubes d’aluminium accordés en intonation juste (31 notes à l’octave).

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élément δiscographique

¤ 1990 « Newband. Microtonal works by Partch, Cage, LaBarbara, Drummond” – CD – MODE 18 – 54:30.

 

c1980 : … "Au début des années quatre-vingts, sa formation autodidacte & ses recherches personnelles conduisent CHANGUITO[lien] à élaborer une technique personnelle de jeu sur les tumbadoras. Cette technique - la mano secreta - sera l'objet d'un enseignement au cours des années suivantes & notamment dans les années quatre-vingt-dix. Changuito concevra aussi une vidéo destinée à transmettre ces techniques." Patrick Dalmace

 

1984 : Patrice Moullet crée les PERCUPHONES & les COSMOPHONES.

 

1986 : Will MENTER réalise ses LLECHIPHONES (marimbas à lames d’ardoise).

 

1987 : Invention du DAXOPHONE, un clavier de lamelles de bois frottées par un archet, due à Hans Reichel.

 

Sascha RECKERT met la dernière main à son GLASS-ORGAN (6 octaves).

 

1989 : « L’idée de me lancer dans le TAMBOUR-GONG remonte à 1989, à l’époque où il me fallait régulièrement remplacer moi-même les peaux de mes congas & djembés. » Hans RIES, interview, correspondance personnelle/05.04.2005.

 

1990 : Mark Applebaum invente sa première sculpture sonore, le MOUSETRAP (« La souricière »). cf. Gérard Nicollet : « Lutherie expérimentale », in Ecoutervoir . 124 (avril 2002) : 8.

Δ

 

1992 : Geneviève Dournon publie un nouveau système de CLASSIFICATION.

 

Invention du CYMBALUM BASSE (cm-b) par Jonny Axelsson & Walter Straub, en Suède.

        

Charles BÉVAND invente le MÉMOKLÉ qui sera commercialisé en 1996 par Pro Orca. (Batteur magazine/1986 & 1988).

 

 

1993 (12 juin) : à Bonneuil-sur-Marne (94), Alain MILON présente sa « MACHINE-MACHIN » & ses « ROBOTS-PERCUS ».

 

1998 : conçue & mise au point par Raphaël de Vivo & Laurent Pottier dans les studios du GMEM, l’installation « PERCUSSION VIRTUELLE » prend place à la Cité des Sciences & de l’Industrie de Paris.

 

 

 

1999 (25 novembre) : « Damier multicolore de 54 cases, le plancher musical est un vaste espace de jeu à explorer. Touche d’un clavier imaginaire, chaque case, relié à un ordinateur, est activée par le poids du corps & déclenche un son ou une musique » Cette nouvelle machine musicale (« Le PLANCHER MUSICAL ») a été présentée à Sassenage (fr/38) par ses créateurs : Daniel Bishau (lutherie informatique), Kham Lhane Phu (graphisme) & Agnès Poisson (musique) /Festival des 38es Rugissants/.

 

Le Plancher musical  © 1999 Daniel Bishau - DR

 

1999-2006 : Après la première en 1999, Gran Cassa fût présenté dans une nouvelle version pour un instrument spécial & innovateur conçu par le compositeur (Michelangelo Lupone) à l'occasion de Musique en Scène à Lyon en mars 2006. Cet instrument appelé FEED-DRUM précisément à cause de ses capacités intrinsèques à pouvoir transformer le son, répond aussi bien au toucher qu'à la direction des gestes de l'exécutant. Chaque type de son est directement lié aux gestes le créant, à la distance parcourue par la main de l'exécutant & par la vitesse avec laquelle la main se déplace à travers les différentes parties de la membrane. Dans Gran Cassa. Canto della materia, le son présent représente une entité séparée avec laquelle l'exécutant (Jean Geoffroy) interagit. Il s'agit là d'une relation inhabituelle où les mouvements de l'exécutant affectent la vibration de l’instrument.

Δ

 

2000 : Györgi Ligeti (*1923-2006) compose Sippal, dobbal, nadihegedwvel (« Sifflets, tambours, violons-roseaux »).

 

Aux « Tombées de la nuit » (Rennes, fr/35), le collectif Uztaro présente sa SCULPTURE SONORE PRIMITIVE, objet plastique inspiré à la fois des machineries poétiques de Tinguely & des machines singulières de Pierre Andrès.

 

Sabian invente la SABIAN TRIPLE HIHATS qui sera présentée au NAMM de Los Angeles (us/ca) du 3 au 6 février 2000.

 

Sabian Triple HiHats

 

2001 (juin) : DOUBLE BAGUETTE : « L’idée a germé depuis très longtemps, au cours des répétitions ou des concerts. J’ai remarqué que pour certains morceaux l’accompagnement au charley ou à la cymbale du rythme à tempo rapide est difficile, & on frise la tétanisation du bras quand le morceau est long. Donc je me suis dit pourquoi pas donner un coup alternativement des deux côtés de la baguette ? Dans ce cas, c’est comme si on divise le tempo en deux, en donnant le même nombre de coups. Après recherche & entraînement, vers la mi-2001, je fabriquai le prototype de baguette & je jouai cette technique» Mohammed Bendeddouche, mail du 31.12.2005.

 

2002 : le HANG (hg) est un nouvel instrument extrapolé du ghatam & du steel drum (pan) par Félix Rohner, S. Scharer & Reto Weber, au sein de l’entreprise PANArt (Bern, ch). “Hang” = main, en dialecte bernois. Ce nouvel idiophone a séduit plusieurs percussionniste dont le talentueux multi-instrumentiste Steve SHEHAN ; Daniel Ciampolini (ancien membre du pupitre de percussion de ‘L’Ensemble Intercontemporain’ sera un des premiers percussionnistes « classiques » à jouer du hang.

 

2003 : Dieter & Monika Hermann (Atelier ‘Le Pré du Rein) proposent des jeux de “CLAVES ACCORDÉES”, suite à une recherche sur l’accord des lames de marimba.

 

Du 29 octobre au 1r novembre, Pierre BASTIEN présente ses TAMBOURS DE PAPIER dans le Grand Kursaal de Besançon (25) ; « un ventilateur active une feuille de papier-calque disposée sur la peau d’un tambour ou la surface de la percussion. Le papier bat sur un tempo constant mais variable. Il ménage des surprises, roulements-arrêts-coups espacés, comme jouerait un improvisateur. » (programme du concert)

 

Aux mêmes dates & dans le même lieu, Will Menter a installé ses SCULPTURES SONORES faites de matériaux naturels (ardoise, bois, eau, terre) aux prises avec des mécanismes simples. Exemples : les RAIN SONGS dans lesquelles des gouttes d’eau tombent sur des lames en ardoise qui résonnent grâce à des tubes de terre cuite.

 

duck tongue.jpg (23415 bytes)

 

« L’élément de percussion [un tambour à lèvres] utilisé par Ben Harper pour la chanson Blessed to be a witness (Diamonds on the inside, 2003) est un TONGUE DRUM créé par Michel THIELE. »

 

2004 (octobre) : aux Journées de la Percussion (Paris), Roland AUZET présente le MARIMBA CIRCULAIRE qu’il a mis au point avec Robert HÉBRARD. [cf. Interview de Roland Auzet in PERCUSSIONS (deuxième série) . 17 (mars 2004) : 16-19, photos]

Δ

2005 : (9 juin) : création du Concerto N.2 for Timpani & orchestra, XIII/The Grand Encounter de William Kraft, lui-même timbalier (*1923, Chicago/us, il), par David Herbert & le ‘San Francisco Symphony Orchestra’ (d. Michael Tilson Thomas), à San Francisco (us/ca), Davies Symphony Hall. La création de cette composition est jugée “captivante & futuriste” (le timbalier est aux prises avec 15 timbales) par Richard Scheinin dans le San Jose Mercury News du 16 juin 2005.

 

« Exercices de radicalisme à San Francisco : le nouveau & captivant concerto pour timbales de William Kraft & la Neuvième Symphonie de Beethoven »

par Richard Scheinin (traduction : Michel Faligand, © 08.11.2008)

San Jose Mercury News – 10 June 2005

Nous avons souvent dit que la musique symphonique n’a pas d’avenir, que les salles de concerts symphoniques sont des mausolées pour les compositeurs défunts. Mais, jeudi soir le programme du ‘San Francisco Symphony’ au Davies Symphony Hall – le premier des sept concerts à bureaux fermés de la fin de la saison – était un exercice de radicalisme.

On a commencé avec un captivant - & futuriste – nouveau concerto pour timbales de William Kraft : le soliste, David Herbert, était à peine visible à l’intérieur du « cockpit » d’un supersonique fait de quinze timbales rutilantes l’encerclant comme le feraient les deux ponts d’un navire, comme si les fantasmes refoulés de chaque percussionniste dans le monde étaient soudainement suspendus à la vie.

 

C’était une bonne idée d’arriver tôt. A 19h20 [7 :20 p.m., hl], la salle était presque vide ; sur la scène, Herbert [David Herbert, le soliste du concert] plaçait ses tambours, en peaufinait l’accord & pratiquait quelque exercices à succès. On aurait dit qu’il s’entraînait à manier sa batte sur le stade ; Herbert arpentait le terrain avec deux percussionnistes & un seul trompettiste, loin de l’orchestre.

 

A 8 :05, la cérémonie officielle commença. En bras de chemise (pas de smoking contraignant pour cette interprétation au sommet), Herbert s’installa au milieu de ses tambours pour la première du Concerto pour timbales n°2, XIII/The Grand Encounter :

 

Bam !!! Bam !!!  Bam !!!

 

Herbert a « besogné » ses tambours, rejoignant ainsi, l’orchestre dans une explosion sourde & métallique. Puis, rapidement, la grandiloquence s’est dissoute dans des rythmes tranquilles & très complexes & dans une mélodie mysterioso. Avec des structures légères comme de la gaze & des accords resserrés : Gil Evans & les impressionnistes rencontraient l’astringence classiquement moderne. Herbert a multiplié les zigzags, son chemin virevoltait au milieu des instruments, tournant à 180 degrés, s’étirant pour conclure par une phrase zoomante, allant de haut en bas, puis de bas en haut, au sein d’un dispositif de tambours de grande taille - & chaque fois qu’il a eu quelques secondes de repos, il a ajusté la tension des peaux de ses tambours afin d’en changer la tonalité.

 

Il était comme un clone de Billy Cobham, le batteur du jazz power. Comme un fleuve, Herbert charriait cette musique étrangement belle, avec une efficacité énergisante & un élan expressif. On pouvait voir six grands tambours, accordés dans les graves, fixés sur le cercle inférieur ; neuf plus petits, des timbales de fabrication artisanale sur le cercle supérieur pour les aigus & disposés à la hauteur des épaules, les peaux fonctionnellement inclinées vers le soliste. Herbert avait contribué à la conception du dispositif qui permettait d’étendre l’ambitus des timbales vers des régions auparavant inexplorées, d’où de nouvelles couleurs & des mélodies actuelles pouvaient sourdre, merci à Kraft, l’ancien timbalier-solo du ‘Los Angeles Philharmonic’. Il a été cajolé par Herbert & Tilson Thomas pour écrire ce concerto & était dans l’assistance à la création de mardi.

 

David Herbert dans son « cockpit » de 15 timbales © 2005 Percussive news - DR

 

L’orchestre a semblé sans dessus dessous : les percussionnistes définitivement au fond de l’orchestre avaient attendu ce moment. En plus d’Herbert, quatre percussionnistes jouèrent des douzaines d’instruments, parmi lesquels des gongs accordés, des gongs à mamelon étouffés, des cloches de vache accordées, un vibraslap, un flexatone, des tam-tams & quelque chose appelé « latte sur cuir » (« lath on leather »).

 

Cependant toute cette activité percussive (& y compris les cadences d’Herbert) a été intégrée dans une excursion de vingt minutes de la totalité de l’orchestre à travers cette œuvre en deux parties principales, avec ce réseau en expansion & toujours varié de motifs, de rythmes, d’harmonies. C’était lumineux, puis souterrain ; tranquille comme l’intérieur d’une horloge, puis sonore comme un rugissement de fanfare. Herbert s’est joint aux altos dans une douce mélodie de gamelan (une minute) prolongée par un à un passage en roulement de tonnerre.

 

On a affaire à un nouveau langage musical, & tout à fait merveilleux – encore qu’assez éloigné du merveilleux de Beethoven, lequel a sa propre façon de faire parler les timbales & parfois s’adresse aux timbaliers comme dans un « Concerto pour percussion & orchestre ».

Δ

 

2008 (4 décembre) : « Evénement de la fin d’année 2008 dans le monde de la timbale en France », Benoît CAMBRELING (*1955), timbalier-solo de ‘L’Orchestre National de Lyon’, joue l’œuvre référencée ci-dessus en première audition européenne, en présence du compositeur, à LYON (fr/69). Le vendredi 6 décembre, Benoît Cambreling a rejoué l’œuvre dans un concert retransmis par Radio Classique. Mes impressions d’auditeur sont assez éloignées de celles quasiment dithyrambiques du critique musical californien cité ci-dessus :

 

« ˝ Toute musique est nouvelle qui, après des centaines d’écoutes, continue de nous captiver comme si elle venait de naître. ˝ Cette assertion dont j’ai oublié l’auteur m’est revenue en mémoire à l’écoute (Radio Classique, 06.12.2008-18 heures) du Concerto N. 2 for timpani & orchestra de William Kraft interprété, de main de maître, par Benoît Cambreling. Assez vite, j’ai senti que je ne me voyais pas décupler les écoutes dans l’espoir d’être captivé par l’œuvre… Cela avait mal commencé, avec un bourdonnement assourdissant, à mon avis dû à l’accord des fûts & aux modes de frappes demandés par le compositeur. & puis, durant toute l’interprétation, j’ai eu l’impression qu’en fait, Cambreling avait – dans son « cockpit » - deux cercles de toms (accordés certes) & non point des timbales, autrement résonantes pour toute oreille empathique. J’ai eu l’impression que le compositeur avait pensé qu’à partir du moment où il écrivait pour quinze timbales, il avait tout dit & qu’il pouvait céder à la tentation d’utiliser des cellules rythmiques rebattues (c’est le cas de l’écrire !). Mais moi, j’étais pressé d’en finir. &, on a fini par en finir, avec deux bis. Pour le premier, Cambreling joua le Finale de Thor, une pièce de sa composition pour cinq (c’est déjà bien !) timbales : un régal où, sollicitées des instruments, de sublimes nuances timbriques exaltaient un parcours mélodique savamment renouvelé. Avec l’extrait des 8 pieces for timpani d’Elliott Carter (deuxième & ô combien généreux bis), c’était évidemment davantage virtuose, mais, pour moi, moins lyrique. » mf

 

 

 

chronologie des percussions

éléments bibliographiques

 

 

 

ANONYME. 1994. La pluridisciplinarité en archéologie musicale : IVes Rencontres internationales d’archéologie musicale de l’ICTM, Saint-Germain-en-Laye (8-12 octobre 1990). 2 volumes : ISBN 2-735-10557-6 & ISBN 2-375-10578-4. Paris : Editions de la Maison des Sciences de l’Homme.

 

BROWN, Steven. 2007. « Contagious heterophony : a new theory about the origins of music”. Musicae Scientæ . 11-1 (printemps 2007) : 3-26.

irene.deliege@skynet.be

 

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LAWERGREN, Bo. 1988. “The origin of musical instruments & sounds”. Anthropos . 83 : 31-45.

 

¤ MAIOLI, Walter. 1991. Sons & musique, leur origine. ISBN 2-081-63002-8. Paris : Flammarion.

 

MANNICHE Lise. 1975. Ancient Egyptian Musical Instruments. Berlin (de) : Deutscher Kunstverlag.

 

¤ MÉFANO, Paul & Sylvio Gualda[lien]. ?date. « Percussions ». Encyclopædia Universalis . XVII : 840-847. [en fait, dans cette entrée, on trouve 4 textes très remarquables donc très utiles. En premier, 3 signés Paul Méfano (‘Classification & genres’ – ‘Origine de certains instruments à percussion’ – ‘Evolution de la percussion dans l’orchestre occidental’), j’ai particulièrement apprécié le tableau des « 4 types de classifications[lien] des instruments à percussion ». En coda, un texte non-titré & plus bref de Sylvio Gualda qui passe en revue une cinquantaine d’œuvres dans lesquelles la percussion a – selon l’auteur - conquis son autonomie. Je n’ai pas noté la date de l’édition de ce volume. Je viens de saisir le mot « percussions » dans le moteur de recherche du site Encyclopædia Universalis : déception, ce que j’ai lu était vraiment à prendre avec des pincettes… mf]

Δ

 

MONTANDON, G. 1919. La généalogie des instruments de musique & les cycles de civilisation. Etude suivie du Catalogue raisonné des instruments de musique du musée de Genève. Genève (ch) : Kunding.

 

NETTLE, Bruno. 1940. Music in primitive cultures. Cambridge (us/ma) : University of Harvard.

 

¤ NICOLLET Gérard & Vincent Brunot. 2005. Les chercheurs de sons. ISBN 2-862-27434-8. Paris : Editions Alternatives.

 

¤ PICARD, François. 1991. La musique chinoise : 101-121. ISBN 2-869-31052-8. Paris: Minerve. r2003. Paris : Editions You-Feng.

 

¤ RECKERT, Sascha. 1991 “The verrillon, the glass organ, a new glass harmonica, & other historical glass instruments”. Experimental musical instruments . 6-5 (February 1991) :18-20, dessins, photos.

 

SACHS, Curt. 1940. The history of musical instruments. New York City (us/ny) : W. W. Norton & Company.

 

¤ SADIE, Stanley (ed.). 1984. The new Grove dictionary of musical instruments. 3 tomes. ISBN 0-333-37878-4. London (uk)/New York City (us/ny) : Macmillan Press Limited.

 

¤ SCHAEFFNER, André. 1968. Origine des instruments de musique. Den Haag (nl)/Paris (fr) : Mouton.

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WACHSMANN, Klaus P. 1961/r1978. ”The primitive musical instruments”. in From musical instruments through the ages (Anthony Baines ed.). New York City (us/ny) : Penguin Books.

 

 

élément φilmographique

De l’arbre au xylophone. Sylvie Le Bomin & Laurent Venot. 1977. 52 :00.

 

élément ωebographique

 

www.windworld.com  

 

Ce remarquable site web a pris la relève du périodique Experimental Musical Instruments, fondé Bart HOPKIN (Californien, cela va sans dire). C’était, par excellence, un outil d’informations sur tous les nouveaux instruments qui voyaient le jour, une revue que j’attendais toujours avec une fébrile impatience & que je lisais de la première à la dernière ligne. EMI présentait parfois des créations apparemment farfelues sinon dingues (absolutely crazy), mais souvent cautionnées par des examens acoustiques pointilleux ; c’était donc à la fois buissonnier & rigoureux. D’ailleurs, la profession de foi disait : « For the design, construction, & enjoyment of unusual sound sources. ». Si je prenais le temps de dépouiller ma collection d’EMI & d’intégrer dans ma chronologie ce que j’y ai appris, j’en doublerai facilement le volume & la richesse. Peut-être qu’un jour…?

 

 

 

 

 

 

Sources : archives psf (1988-2008) - correspondances avec François Borel, avec Benoît Cambreling, avec Lou Harrison, et al.

 

 

 

     ¡ AMATEUR DE PERCUSSIONS !

     Tu t’apprêtes à citer un extrait de cette page de l’Historique des percussions, sois sympa de faire précéder ta citation de…

EXTRAIT DE  http://www.mespercussions.org/instruments/historique.html

(date du jour de ta citation)

      Merci, à bientôt ! Michel Faligand

 

 


© 1988-2009Michel Faligand – tous droits réservés


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