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Etudier les instruments cubains à Cuba (Juillet)

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Dernière modification de la page : 04/10/2017

Lexique d'instruments cubains
(percussions, aérophones, cordophones)

par Daniel Chatelain

DE A à... V. Accéder directement à : Achéré, agbé, Baksin, Batá/bata, bocú, bombo, bongo, bonkó, botija, botijuela, Cajón, campana, cencero, chékéré, claves, conga, corneta china, cuatro, Guamo, güiro, güayo, Kinfuiti (cf. bas de page), Laúd, Maracas, marimbula, Nkembi, Paila, Quijada, Requinto, Sartenes, Timbales créoles, timbales/timbalès, tambora,,tres/très, tumbadora, tingotalango, tumbandera, Viola

N. B. : Cette page ne prétend pas traiter de l'ensemble des instruments afro-cubains traditionnels, mais des instruments joué dans la musique populaire, qui a intégré dans les dernières décennies certains de ces instruments  (batas, chékérés...). 

1. Percussion

Les instruments de percussion cubains énumérés et décrits ci-dessous comprennent des tambours à une peau (bongo, conga, bocú, timbalès) ou deux peaux (batas, bombo) et des idiophones variés : cloches (campana), hochets (maracas, chékérés), racleurs (güiro), ou encore idiophones entrechoqués (claves) et pincés (marimbula).

PRÉCISIONS PRÉALABLES :

1. Les percussions cubaines figurant dans ce lexique sont des instruments de la musique populaire cubaine, par essence métissée. Des instruments restés proches de leur origine africaine y figurent également, du fait de leur intégration assez récente à cette musique populaire cubaine, à la salsa ou au latin jazz (batas, chékérés...).
De nombreux autres instruments afro-cubains, rituels ou d'usage profane localisé, n'y figurent pas. Pour une description quasi exhaustive des centaines d'instruments de percussions cubains, nous renvoyons à l'ouvrage en espagnol : Alén, Olavo (dir.), Instrumentos de la música Folclórico-popular de Cuba, 2 vol. et atlas, CIDMUC / Ciencas Sociales, La Havane, 1997.

Le grand nombre d'objets domestiques ou d'ustensiles agricoles récupérés dans l'usage de la musique cubaine n'a pas permis de les intégrer à ce lexique, qui doit garder un caractère plus synthétique qu'exhaustif ; nous avons fait exception pour la "campana" de la conga oriental, jante de camion ou tambour de frein qui a gagné un nouveau nom dans son usage musical.

2. Précisions orthographiques : Le site www.ritmacuba.com adopte plusieurs innovations orthographiques, telles qu'elles ont été proposées par Michel Faligand, fondateur de la revue PERCUSSIONS et du site mespercussions.org. Leur principe est de mieux mettre en accord la prononciation francophone de ces instruments et la façon dont ils s'écrivent, d'où :

  • timbalès (au lieu de timbal, timbales en espagnol), l'accent grave permettant de mieux distinguer cet instrument des timbales classiques ;
  • très (au lieu de tres pour la petite guitare à trois cordes doubles).
  • chékéré. Espagnol : chekeré, portugais (Brésil) : xequerê, anglais (Nigeria) : shekere.
  • bata (espagnol : batá au singulier, batas au pluriel ; yoruba bàtá - ton grave puis aigu - invariable).

  • En ce qui concerne ces deux derniers mots, leur orthographe espagnole (ou autre langue européenne) est une adaptation cubaine de mots de la langue yoruba (Afrique de l'Ouest), laquelle est une langue à tons. L'orthographe yoruba ne peut pas être adoptée en français sans provoquer de mauvaises interprétations : en particulier, les marques tonales des Yoruba sur les voyelles n'ont rien à voir, malgré les apparences, avec les accents graves et aigus du français. Par exemple les voyelles du mot yoruba pour chékéré s'écrivent avec la marque tonale (`), ce qui donne trois fois (è) pour marquer qu'il s'agit de trois tons bas successifs. Autre exemple : bàtá implique en yoruba un ton grave suivi d'un ton aigu (alors que le á de l'espagnol batá est un accent tonique, on pourrait dire "de tonicité"). Une fois francisés comme nous le faisons, ces mots peuvent alors être accordés au pluriel (comme ils le sont d'ailleurs en espagnol et autre langues européennes).
    Quant à la marque d'accent en espagnol, elle a une fonction différente de l'accent français, dès lors pourquoi la reprendrait-on à propos de ces instruments dans un texte français?

Claves HC
ritmacuba.com
article complémentaire
  • Le bombo (ou tambora) est un tambour cylindrique portatif à deux peaux. Le musicien frappe sur l'une des faces avec une batte et contrôle la vibration de l'instrument en étouffant périodiquement la seconde peau avec sa main libre, ce qui lui permet de varier les timbres. Les rythmes joués sur les bombos (conga, mozambique), sont issus du répertoire associé au carnaval.

    Dans l'Est de Cuba ("Oriente") on utilise plusieurs types de bombos. Dans la conga orientale on utilise ainsi, selon la taille des instruments et leur fonction musicale :
    - le pilón (le plus grand diamètre) ou tambor mayor,
    - la galleta ou redoblante (dit aussi bombo redoblante), de plus faible épaisseur que le pilón ainsi que l'indique le terme "galleta" (galette),
    - la tambora
    (de plus petit diamètre) ou requinto. Cette dernière est probablement issue de l'instrument du même nom commun à la tumba francesa et à l'ancienne formation de défilé d'influence franco-haïtienne, la tahona.
    Elle a été introduite dans la conga avec l'apparition dans la conga de Los Hoyos du rythme masón dont le nom est le même que celui des rythmes de la tumba francesa qui utilise la tambora.

    bombo1bombo3bombo2
    bombos de la Conga de Los Hoyos. Sevran 1992 (1 & 2), Santiago de Cuba 1997 (3) (premiers plans)
    © photos Daniel Chatelain

    Les deux plus grands bombos des congas d'Oriente araient été empruntés eux, à une autre tradition antérieure, celle des cabildos carabalí d'Oriente.

    Si la Conga de Los Hoyos utilise uniquement ces trois bombos de taille et de hauteur différente, on peut aller jusqu'à cinq bombos de hauteur différente dans une conga come celle de San Pedrito. Tous ces instruments sont aujourd'hui accordés avec un système à clé.
article complémentaire

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HISTOIRE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE DU CARNAVAL DE
SANTIAGO DE CUBA (nouveau)

Le tambour des tonadas trinitarias (article traduit et dossier documentaire)

Tambor de tonads trinitarias

 

Dossier Tambours batas

espagnol "Del Changüí a la Salsa y mucho más. Guantánamo en la orbita musical del Caribe" Contient : Instruments du changüi

"Du Bongo" par Michel Faligand

Dossier - "Traditions musicales Haïtiennes dans la région orientale de Cuba". Contient : les instruments des traditions haitiano-cubaines.

La Tumba Francesa par Daniel Chatelain. Contient : les instruments de la tumba francesa (pdf, 50 p.)

 


Boîte à outils

Les Equivalences des noms de percussions (Origine : www.mespercussions.org) auteur : Michel Faligand)

Bongó et bonkó : une question étymologique

Il est tentant, et de bons connaisseurs le font, de rapprocher deux instruments, le bongo (en espagnol bongó) de la musique populaire et le bonkó, instrument abakuá (instrument soliste de l'ensemble biankomeko, de nom complet bonkó enchemiya). D'autant plus que la plupart des premiers bongoceros à La Havane étaient d'appartenance abakuá. Pourtant, l'Atlas des instruments cubains du CIDMUC de La Havane, après d'autres spécialistes, donnent des étymologies sans lien entre elles :

- Bongó comme terme issu de peuples du Nord Congo où on emploie ce mot à la fois pour une pirogue et un tambour (même technique pour creuser un arbre).

- Bonkó : une contraction soit de bo nkpo soit bo ekpó. Dans le premier cas : lit. "parler chose" dans le deuxième : lit. "parler poisson", d'où on retire que le bonkó est un tambour parleur ou un esprit/ un poisson qui parle (ce qui fait allusion à un mythe fondateur de la tradition abakuá).

Le bongo est quant à lui au départ un tambour clouté, comme d'autres tambours d'origine bantu (ngoma, makuta). Il est clairement venu d'Oriente à La Havane et on ne peut donc pas faire de lien avec les petits tambours abakuá du biankomeko d'Occidente (mode de tension utilisant des coins pariétaux). L'origine en Oriente est certes confuse. Il était parfois appelé aussi tahona, tahonita en Oriente (parmi d'autres appellations) et il est possible que les petits tambours mobiles de tahona aient servi de référence dans sa création quant à la taille (d'ailleurs supérieure à l'origine à celle d'aujourd'hui). La dérivation - avec nouvelles dimensions - d'un tambour congo n'aurait rien d'étonnant sur une terre où ces esclaves étaient anciennement majoritaires. Mais au final le bongo est, comme le disait Fernando Ortiz, un tambour créole et non un tambour afro-cubain.

Le bongo comme tambour double, ce n'est pas immémorial, plutôt récent, sans doute pas beaucoup avant qu'il n'arrive à La Havane dans les années '10 du 20e s. Avant qu'ils soient réunis par une corde ou une matière textile, ils ont été joués par deux, non liés entre eux, entre les cuisses des bongoceros. Le modèle occidental d'un tambour double serait la timbale classique présente en paire dans les orchestres à Cuba dès la première moitié du XIXe siècle. Curieusement le résultat est analogue aux tambours doubles connus de longue date en Afrique du Nord (à part que ceux-ci sont fabriqués en poterie).

 Pedro Carberdos & son "caberchelo"

Des instruments d'apparence traditionnelle peuvent être d'invention récente, on en a l'exemple dans le güiro en peau, des années '80.

Pour sa part, un architecte proche des milieux du changüi de Guantánamo a lui inventé une percussion synthétique portée à l'épaule, rassemblant des caractéristiques de la marimbula, du cajón et du güayo (Il peut de plus, en utilisant sa dimension cajón remplir des fonctions du bongo de monte propre au changüi). Il l'a appelé caberchelo, ce qui, convenons-en est un nom qui, en faisant honneur à son inventeur, n'a rien d'organologique. Lui conviendrait mieux de ce point de vue, si on voulait s'amuser, des noms comme camayo, guamaron ou caguabula en empruntant des syllabes de trois instruments cités! lien vidéo : https://youtu.be/lyaxz_c6GLI

caberchelo

2. Cordophones

Yomo Toro
Collection Jean-Marie Troillard /ritmacuba.com -
Gallerie Fania All Stars

Isaac OviedoArsenio Rodriguez
Isaac Oviedo / Arsenio Rodriguez
laud cubain
laud cubain (Source : stringedinstrumentdatabase)

Le joueur cubain de laúd le plus connu est Barbarito Torres (1956).    Lien vidéo : Barbarito Torres & son groupe (Film Cuba Fire)

Lien : article sur Barbarito Torres sur montunocubano.com

instrument

Lien (vidéo) : Felix Valera joue le tingotalango (années '80)

Lien : Felix Valera montre au début de ce documentaire comment construire et jouer le tingotalango

Lien : la chanson cubaine "Tingo Talango" (Julio Cueva)

Lien : construction du tanbu marengwen en Haïti (vidéo sur la page)

 

3. Aérophones

article complémentaire

guamo ou fotuto


Définitions de la page : par Daniel Chatelain (inédit)
- Reproduction interdite -

 

ANNEXE : CLASSIFICATION DES INSTRUMENTS DE PERCUSSIONS CUBAINS*

(correspondance instruments populaires - instruments afro-cubains)

POPULAIRES CUBAINS
Classification
AFRO-CUBAINS / AFRICAINS
Classification
Arc en terre (tingo talango) 311.121.211-5 tumbandera 311.121.211-5
Marimbula 122.12 zanza / sanza 122.11
Claves 111.11 ----- -----
Maracas 112.131.2 Erikundi & cha chá 112.131.2
Güiro 112.23 Cansa 112.23
Cencerro / campana 111.242.11 Ekón & Oggán 111.242.13
Bongo 211.251.12-9221 Makuta 211.251.12-7
    Enkomo** & Tonada*** 211.251.12-9221
Tumbadora / conga 211.251.12-9221 Ngoma 211.251.11-7

* Classification de Sachs & Hornbostel (1914) actualisée par Ana Victoria Casanova (1988 - Problemática organológica cubana). Tableau adapté de celui de Lino Neira Betancourt in "Presencia del antecedente organomógico africano en el surgimiento y evolución del son en Cuba" (Héritage de la musique africaine dans les Amériques et les Caraïbes, p.101, éd. L'Harmattan. 2007).
** tambour de l'ensemble abakuá appelé biankomeko
*** Tambour de tonada trinitaria (région cubaine de Trinidad)

- Une étude des instruments de la tumba francesa dans cet article fondateur en français : La Tumba Francesa par Daniel Chatelain. Réédition 2011 en pdf avec nouvelle iconographie (50 p.)

- On trouvera tout ce qui est utile sur la classification des instruments et la classification des instruments de percussion en particulier sur : http://www.ritmacuba.com/mespercussions.org/instruments/classifications.html (cette page conçue par Michel Faligand et sauvée par nous de la disparition sur la toile apparaît pour le moment sans ses illustrations originales).


Documentaire sur le kinfuiti, tambour à friction cubain menacé de disparition (contrairement à sa cousine brésilienne, la cuica) KINFUITI de Anitshka Brape sur Vimeo.


 
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